Brèves très brèves
Le petit garçon perdu hier dans le grand magasin a été retrouvé, indemne, entouré de jouets, la bouche pleine de chocolat. Les caramels mous sont eux portés disparus.
C’est l’histoire d’un mot parti au galop. Sitôt prononcé, sitôt regretté. Le jour du mariage, au pied de l’autel, il s’est trompé de prénom. Elle, a dit non.
L’étranger était arrivé au petit jour. Il avait demandé du pain, les portes étaient restées fermées. On s’observait l’observer. Il était resté adossé contre le puit, sous le soleil sans répit de l’été. A la tombée du jour il n’était plus là.
Demain le cirque s’arrêtera en ville.
La cage de Gorille sera mal fermée.
Il sortira à pas de loup et libérera son copain Cochon, mais pas Chameau qui lui aura encore fait un coup vache la veille.
Le directeur étouffera l’affaire dans l’oeuf.
Vladimir était sorti chercher le bois, rompu par le voyage. La porte avait claqué derrière lui, le loquet avec. Impossible d’ouvrir. La nuit tout juste tombée, le froid ne ferait qu’enfler. On le retrouva sous la neige, quatre bûches dans les bras.
Je me souviens d’abord de la lumière. Longtemps je n’arrivais pas à tenir debout.
Mes mots restaient brouillons, simples onomatopées. Ils me souriaient tous pourtant, confiants. Je vois, je marche et je parle désormais. Du haut de mes trois ans.
Le matin avait été doux, la journée ensoleillée et bleutée comme seul l’hiver la colore. A cinq heures le téléphone avait sonné. C’était l’hôpital. Il ne lui restait que quelques mois.
Il retourna lire au coin du feu.
Ailleurs, autrefois. Mariam recueille le lionceau et lui offre son sein plein, délaissé par sa fille, morte à la dernière lune. Trois sécheresses ont passé, Mariam tient la dépouille de ce second enfant. Elle hurle aux chasseurs qu’ils la tuent elle aussi.
Quatre portes, une seule issue.
Plouf, plouf fit le premier. Et il tomba à l’eau.
Ce sera toi fit le second. Il fut coupé tout rond.
Ams Tram Gram eut raison du troisième.
Le quatrième raconta l’histoire.